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chanly38

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les Très Riches Heures de José Chanly

Création : 06/01/2012 à 04:42 Mise à jour : 11/01/2012 à 12:30

CHANLYNERIES

CHANLYNERIES


(Haïkus et tankas)


Amour étrange entre
ces jeunes choucas tout noirs
et ce vieux Chanly
tout blanc murmurerez-vous
heureux de clore un tanka
---


Sans regarder le ciel
je vois passer des oiseaux
miroir de l'eau
---


Souffle une rafale
tombent dru les gros pétales
du magnolia rose
quelle éphémère beauté
corps de femme au vent d'été
---


Ce soir ma première
chauve-souris aussi soûle
que l'année dernière
---


Un merle feuillette
le verger à la recherche
de beaux vers, lis-moi
m'entends-je lui dire avec
un peu trop de conviction
---


La prairie évoque
de plus en plus Pissaro
Picasso vous dites?
---


Vous rimez Élise
avec notre sainte Église
bien que votre mise
robe envolée et chemise
ouverte prêchent la prise
---


Ce grand arbre sans
son feuillage et Dalida
ne chanteront plus
---


Sous l'ondée la femme
robe mouillée se révèle
si joliment mûre
qu'il voudrait telle une pêche
la peler puis la manger
---


Tous les hommes forts
qui m'ont précédé sont morts
qu'entreprendre alors
pour éviter un tel sort
à mon cher et faible corps?
---


La lune voilée
ce soir va-t-elle se rendre
de nuit au Qatar?
---


Pluie pluie et puis pluie
les limaces toutes grasses
jamais ne s'en lassent
pluie pluie et puis pluie, coassent
quelques grenouilles cocasses
---


Dans le pré la pie
de vers en veine et moi d'un
verre de verveine
---


Je m'écarte afin
de ne point écraser une
petite araignée
qui mérite autant que moi
de terminer sa journée
---


Mon petit-fils a
joué au foot à Verdun
d'autres à la mort
---


Ô neige du soir
blancheur des maisons voisines
de l'âme enfantine
de la robe de mariée
des mots sur le tableau noir
---


Le prunier du lit
sort en étendant son ombre
une branche bâille
---


Jeune fille j'aime
votre encorbellement qui
m'incite à téter
de beaux seins remplis de rêves
et d'un nectar rendant ivre
---


Une chips a plus
de goût qu'une hostie, c'est tout
ce que je puis dire
---


Ce matin d'hiver
quand je sors de ma maison
le chant du pinson
m'arrive plus volontaire
que la voix d'Adolf Hitler
---


Draps froissés par suite
de positions incongrues
durant l'entretien
---


Sophie me sourit
en dégrafant savamment
son chemisier blanc
tabernacle d'un seul Dieu
en deux personnes, prions
---


Le prunier malgré
son arthrose est en fleur pour
plaire à ses abeilles
---


Une jolie femme
passe, je vais consulter
mon rétroviseur
deux mots s'échappent de mes
lèvres impures, quel c...orps
---


La joie vive glisse
comme une savonnette entre
mes mains tavelées
car me sens encore jeune
et amoureux de la vie
---


Midi
le troglodyte mignon
me souhaite bon appétit
---


Encore une nuit
à collectionner sans bruit
jusqu'à l'aube, fruit
d'un dimanche qui a fui
aux douze coups de minuit
---


Une coccinelle
atterrit sur le nez, va
pour la chiquenaude
---


L'arbre jour et nuit
vit entre des barbelés
jour émoustillé
par quelques mésanges bleues
nuit par la lune embelli
---


Des feuilles sans colt
ni chapeau de cow-boy crissent
sur le macadam
---


Successivement
s'entendent merle et pinson
et la charbonnière
qui déverse dans le poêle
quelques notes cristallines
---


Cent mille morts en Birmanie?
c'est si loin
je ne les vois pas bien
---


Qu'attends-je mon ange?
ni les beaux appas en transe
ni la transhumance
en mai de belle-maman
j'attends le chant du coucou
---


L'éclipse de lune
elle est encore bien ronde
avant la rencontre
---


Deux poneys au pré
période des amours car
le mâle ennuie l'autre
qui décoche des ruades
tu n'es pas mon camarade
---


L'oiseau est toujours
sur le qui-vive tel l'homme
que l'âge amidonne
---


Sur la Place Rouge
Basile le Bienheureux
chahute Lénine
qui n'a pas tel le Christ-Roi
régné durant deux mille ans
---

(Basile dont on célèbre la fête le 2 janvier)
---


La limace avance
en respectant les limitations
de vitesse
---


Mon prof de musique
le frère Clément est mort
une fausse note
---


Nourrir le chat puis
le lapin sans merci ni
de l'un ni de l'autre
mourir vieux sans faire naître
chez quiconque un seul regret
---


Reste! supplie-t-elle
ruisselante de désir
va ferre et me mange!
---


J'ai vécu soixante-
neuf printemps des plus amènes
alors que suivront
sautant l'automne et l'été
quelques hivers en pantoufles
---


Le haïku a l'âme
d'un Chardin puisqu'il ne traite
que de petits riens
---


Ce matin de mai
j'ai semé des radis pour
que nos petits croissent
en sagesse et du cresson
pour qu'ils sachent leurs leçons
---


Un samedi soir
sans bal pour ma pomme trop
mûre, Eve est ailleurs
---


Ardoises givrées
de notre cuisine, écailles
de truite meunière
hi hi pouffe le poisson
rouge amateur de bons mots
---


Le grésil, la Sambre
a la chair de poule comme
une fille nue
---


Fête à l'horizon
le chagrin monte au mur de
ma pauvre raison
dès que les gens font ribote
quelque chose en moi sanglote
---


Dans le pré d'hiver
des pies cheminent à la
queue leu leu, deux nonnes
---


De ma chère épouse
jamais le GSM ne
chôme tandis que
le mien durant le jour dort
nul ami pour l'éveiller
---


Quand la femme l'oeil
n'allumera plus, bois mort
serai devenu
---


Ils se sont foutus
de ma poire ces connards
mais depuis que j'ai
des seins et un beau derrière
ils me vénèrent, trop tard
---


Un corbeau freux rentre
au logis le soir en croassant
émouvant
---


Je sonne elle entrouvre
et la porte et son peignoir
superfétatoire
est-ce une ruse d'amour
me dis-je? elle me sourit
---


Il se dit fort en
dictée malgré toutes ses
fautes d'orthographe
---


Je sonne elle entrouvre
et la porte et son peignoir
superfétatoire
je me vois au réfectoire
dégustant deux jolies poires
---


Vent, les feuilles
dans la cour de récré s'amusent
comme des moineaux
---


Je vais sans lunettes
espérant à bicyclette
ouïr l'alouette
brouette! pas d'alouette
m'en reviens à bicyclette
---


Avec cet air mi-
figue mi-raisin j'ai presque
de quoi déjeuner
---


Comme à Sobibor
nous tuâmes nos gardiens
qui avaient sur nous
droit de vie et de mort, joie
d'étrangler cette vermine
---


Bonhomme de neige
fond comme homme dans sa bière
versons-nous un verre
---


A l'aube j'entrouvre
la fenêtre, des lumières
et le chant d'un coq
sans Voltaire ni Denis
Diderot, cocorico!
---


Ermeton-sur-Biert
le plus d'alcooliques
au km2
---


Il pleuvait hier
sur une robe légère
en moi s'imprimèrent
profondément tes fruits verts
à ne croquer qu'en hiver
---


Sur l'arbre tronqué
et non pas truqué, mon chou
se pose une pie
---


Quelques canards vont
sur l'eau comme Jésus au
lac de Tibériade
ils marchent sur la surface
gelée d'un bras de la Sambre
---


L'homme, un paon
qui fait la roue sans le savoir
du bonjour au bonsoir
---


Tous les oiseaux chantent
le soleil, des troglodytes
mignons aux pinsons
en passant par les mésanges
dont l'âme est proche des anges
---


A petits pas sur
un sol gelé le facteur
va de boîte en boîte
---


Le vent fort m'enchante
tellement que j'en invente
jusqu'à l'épouvante
des ânes et de volantes
gens comme chez Chagall chantent
---


Sur l'arbre se cache
un ballon blanc blessé par
tant de coups de pied
---


La voix aigre vient
de la sapinière, c'est
le fameux pic-vert
qui rêve tête à l'envers
en récitant du Prévert
---


En prenant de l'âge
on chope différentes choses
un rien moroses
---


Sais-tu que la lune
de Pampelune de prunes
sans payer de thunes
se sustente en oyant l'une
ou l'autre rumeur nocturne?
---


Cet homme promène
son chien ou l'inverse, tous
deux tenus en laisse
---


Je suis vraiment bien
en compagnie d'un bon vin
né au bord du Rhin
et de mon ange gardien
qui grisé chante un refrain
---


Sous l'arbre d'hiver
se meuvent légères
deux mésanges charbonnières
---


Il ventait très fort
ce soir lorsque Rutebeuf
m'envoya un fax
pour se plaindre de tous ses
amis qui auraient failli
---


La phrase fait tilt
j'avais une mère mais
pas une maman
---


La pie prie son dieu
bicolore, le corbeau
pieux son roi nègre
---


La lune est encore
empêtrée dans le branchage
de notre prunier
vais donc la décrocher en
espérant un doux baiser
---


Ne joue-t-il pas à
saute-mouton avec notre
pont bossu le ru?
---


Notre chat est sourd
comme un pot, trop de musique
durant sa jeunesse
---


Cette marche geint
comme elle geignait du temps
de mes grands-parents
ils logent au cimetière
amaigris par le carême
---


Une souris entre
les crocs du dodu matou
gris voyage à l'oeil
---


Le poème, qu'est-ce?
cette pensée mise en bière
puis en terre à l'ombre
du cyprès pour qu'un lecteur
amoureux la ressuscite
---


Je dis bien dans une descente
l'escargot accélère
sous l'averse
---


L'ange se détourne
mais le diable me regarde
avec sympathie
un pécheur intéressant
murmure-t-il avisé
---


Durant la nuit
il va dans un pot faire
pipi, réveil d'une mouche
---


Arthrose cirrhose
quoi d'autre en cette année rose
ose un spéculoos
---


Notre vieille chatte
quand elle étire ses pattes
semble recevoir
quelle attitude comique
des décharges électriques
---


D'une cheminée
la première fumée
de l'année, avinée
---


Tableau pointilliste
que ces flocons en voyage
délicieux Seurat
---


Un Noir broie du noir
chez nous en hiver malgré
sa peau noir charbon
il grelotte sous la toque
pleurant son soleil qui toque
---


Il se tord le cou
chaque fois qu'il lance son
slogan le coq blanc
---


Le soleil de midi
fait la cour à la neige
qui mouille, ô mon Râ
---


Mon père et ma mère
deux êtres qui devraient m'être
chers sont morts sans bruit
comme si je me servais
d'eux pour traverser le temps
---


La solitude
ça n'existe pas quand
on est jeune riche et beau
---


Dinant la Rebelle
connut Sax et le sac par
des soldats cruels
---


Dans mes rêves fous
roule une voiture bleue
au volant la fée
aux cheveux de lin, aux seins
liqueur d'immortalité
---


Dans le pré picorent
le coq blanc et son harem
cinq poules soumises
---


Malgré la chaleur
ce cri d'un rapace
dans la nuit noire me glace
---


José d'un an moins
jeune est en ce mois de juin
revenant hélas
trop souvent le visiter
ce qui le fatigue bien
---


Ce corps choyé ne
sera pas voué aux vers
mais aux vives flammes
---


Un petit seau rouge
assis dans le pré tressaute
de joie sous les noix
---


Oh le grand bonjour
quelle mouche l'a piqué
le lendemain je
lis son nom dans le journal
sur la liste électorale
---


Grand-Place de Bruxelles
au mois d'août
toutes les langues de Babel
---


Le lapin du voisin
vient manger ma salade
envie d'un civet
---


En se dévoilant
subitement les seins ont
souri, souricière
---


Je vous confesse ô
ma prêtresse des visées
sur les reins les fesses
sans oublier ces bas vos
merveilleux bas à ô t
---


Monsieur fanfaronne
j'en ai fait hululer
sous la lune plus d'une
---


Depuis dix neuf cent
sept l'ancêtre sourit sur
la photo, c'est trop
---


Le choucas picore
à droite ou à gauche encore
et encor m'offrant
le ton de Verhaeren en
son moulin qui tourne et tourne
---


Sur le chemin
la trace d'un sabot
don Quichotte de la Manche
---


Il a bien dîné
notre grand homme, reste à
faire un gros caca
---


Voilà la pinsonne
sur un prunier qui klaxonne
quand ses prunes sonnent
bruits ouïs par la personne
née un soir à Carcassonne
---


Le héron au long
bec emmanché d'un long cou
abrège! s'envole
---


Tous les hommes forts
qui m'ont précédé sont morts
oiseau pour le chat
---


La jeune épeichette
recueillie puis relâchée
escalade un tronc
non sans m'avoir gratifié
de deux ou trois coups de bec
---


Crâne brillant comme
la coquille d'oeuf? évitez
Christophe Colomb
---


Le chat ronronne en
ma présence, peu de gens
chers en font autant
---


Les fumées d'Auschwitz
auront pendant de longs mois
noirci le visage
d'une Vierge polonaise
habitant Czestochowa
---


Du bois me parvient
le cri d'un faisan au col
blanc sans porte-plume
---


Aux enterrements
rarement vais au mien c'est
suffisant j'irai
---


Sur la table, oblong
ce caillou blanc du Ventoux
nous rappelle en cet
hiver qui m'entend tousser
les cigales provençales
---


Thozée, les oies blanches
n'avertissent personne
n'étant du Capitole
---


Un merle noir siffle
au passage d'une dame
oh le malappris
---


Un oiseau qui n'a
pas composé la sonate
à Kreutzer nous chante
les deux mêmes notes tristes
jamais une diversion
---


Neuf heures!
bonnet blanc sur la tête
les pâquerettes dorment encore
---


Une ombre au-dessus
du chemin caillouteux plane
c'est le corbeau freux
---


Chant et queue dressée
le troglodyte mignon
rend les femmes seules
rêveuses, il est si vif
notre petit bout de chou
---


Sur la Sambre un lourd
chaland si lent face au vol
de trois cormorans
---


Papy! le pivert
picole dans la prairie
picore mon chou
---


J'aperçois le long
d'une corde imaginaire
grimpant à l'assaut
du ciel ma toute première
alouette ivre de notes
---


Le tout premier chant
de la tourterelle turque
en ce jour de l'an
---


Beauté
yeux écarquillés
il récite son bénédicité
---


L'herbe oscille sous
le vent pendant qu'un faisan
lance ses deux notes
rauques dans le sous-bois, prends
donc ce sirop pour la toux
---


L'homme et l'arrosoir
ce soir, des fleurs seront contentes
cette nuit madame
---


- Dites-le mon chou
comment vous portez-vous loin
de moi donc de tout?
délivrez-vous du chagrin
- va donc vivre à Tombouctou!
---


Une dame au pull
rouge promène un petit
cul bien sympathique
---


Dans le ciel tout bleu
l'astre caresse mes vieux
os qui s'entrechoquent
d'allégresse, un chien gourmand
ses longues oreilles dresse
---


Jeune chien assez
perplexe face à ce très
lent gastéropode
---


Je suis fou de vous
ma déesse, êtes-vous folle
de ce dieu votre homme
qui vous transfigure en somme
quand il s'approche? go home!
---


Ici Londres, sous
le tilleul des parachutes
vont être largués
---


Que faire devant
ces vers sinon ôter sa
casquette? prions
pour cet artiste qui nous
délivre tant de beautés!
---
 
José CHANLY
---


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#Posté le dimanche 08 janvier 2012 09:17

Modifié le dimanche 08 janvier 2012 11:28

la SHOAH

la SHOAH

LE CARMEL D'AUSCHWITZ

Le ciel dardait
un rayon monotone
dit le poète
mais n'aurait-il
pas mieux valu
moins de vigueur
astrale
pour cette langueur
automnale
                 non?

Nevermore...

"Plus jamais!"
décrétait
une affiche
jouxtant le carmel
d'Auschwitz
devant lequel
avec un léger temps
de retard veille
et prie
la Vierge Marie

Marie...
Des grappes de bébés
d'enfants éperdus
qui se cramponnent
aux robes des mamans
des aïeules et
le ciel suppliant
de leurs aigres voix
qui tonnent
en pure perte
Marie!

En pure perte
Marie!
puisqu'ils seront
dans les bras
de leurs mères
nus et
gazés comme des rats
pour expier
selon la rumeur
la Mort de ton Fils
sur la divine Croix

Dis
pourquoi n'as-Tu
pas cillé
montré du doigt
houspillé
Dieu le Père
devant tant d'horreur
afin de protéger
ces petits bouts
     d'hommes et de femmes
Toi
la Reine
de Czestochowa?

Sous un arbre
un corbeau campe
et festoie
sur le corps
d'un lièvre
"plus becqueté
que dé à coudre"

La bise détone
poursuit Verlaine
sous un soleil
aux rayons monotones
mais n'aurait-il
pas mieux valu
plus de douceur
pour cette langueur
automnale
                 non?

---



Vois-tu ces fleurs jaunes
dans le sous-bois? des ficaires
cousues sur les vestes
d'enfants juifs envoyés dans
les camps avec leurs mamans


---


PIE

pie
te vois
sur un toit
peint
par piero della
francesca

pie juive
car
tu surplombes
une scène
de la nativité
qu'enchantent
deux mandolines
et un choeur
de jeunes filles

pie
qu'endurèrent
tes filles
sur les terres
d'europe
après la mort
du christ?

pie
de pologne
ma fille
à la robe franche
as-tu
connu
(à ton échelle
d'oiseau)
persécutions
pogroms
fours crématoires?

mais l'oiseau
hiératique
ne prisant guère
cette scène
trop catholique
s'en lave
petit ponce
les rémiges
et (le tiens
d'un ami sûr)
le bout du bec
souillé
par de la glaise

pie
te vois
sur un toit...

---



AMSTERDAM

Période amoureuse que celle d'Amsterdam
près des eaux grasses d'un canal
quel calme et lent voyage
sur un blanc bateau de plaisance
nous longions des demeures Renaissance
peintes avec amour par
Vermeer ou Pieter de Hoogh
sur la droite un quartier juif
mais les commentaires se firent tout petits
devant les amis d'Outre-Rhin
conjuguons au présent les florins
même si les ombres d'Anne Frank
et de ses proches planèrent sur l'Amstel
Il me sera beaucoup pardonné
car le soleil semait du bonheur
parmi les fleurs
les oiseaux les touristes en joie
les hippies qui s'endorment sur le dam
Période amoureuse que celle d'Amsterdam


---


Les roncières en fleur
cachent révisionnistes
les rails d'Auschwitz
 
---



DAVID ET GOLIATH

     Il courait sur le court - qui? - le petit juif aux boucles noires, par
des centaines d'Aryens guigné, déshabillé - hé! pas si vite! -, d'
Aryens encourageant un grand blond aux yeux bleus.

De la sueur suintait de ces milliers de cheminées que sont les
pores.
- Porcs! gueulait le gardien "gammé".

Moment d'intense émotion pour une balle litigieuse. A-t-elle ou
n'a-t-elle pas léché la ligne?

Qu'en pensez-vous, chers martyrs d'un autre âge (quelques
millions et des poussières et des cendres) qui regardez, gogue-
nards, cette importante joute?

Après trois heures de lutte, le Sémite vainquit l'Allemagne. En
récompense il put cueillir, celer l'étoile.

Il refusa (40 ans plus tard, le rancunier) de signer des auto-
graphes.

Il refusa, le couard, la séance des douches et préféra regagner
ses pénates, sa chambre à gaz.

(Solomon - Ghering : 6-7 7-5 6-4, le 6 mai 1981, quelque part en Allemagne.)

---
 
 
Vierge de Czestochowa
noircie par ces fumées
venant d'Auschwitz

---



SUPPLIQUE

Je voudrais te croire
Seigneur
mais ces juifs à l'abattoir
se voir
par des enfants créés à ton image...
Je voudrais te voir
t'entendre
afin de mieux comprendre
     mais ne suis qu'un Thomas qui n'a pas vu
qui n'a pas cru
qui peut apercevoir
le soir
la tour Eiffel en hérétique
en schismatique
en asthmatique t'offrant jadis
ses nuits blanches
Seigneur
petit enfant qui souffre
petit enfant qui pleure
petit enfant qui meurt
parce que l'aïeule a fait l'amour...
Je voudrais te suivre
mais ne suis qu'un pauvre homme
devant un grand trou noir
qui te demande une lampe
une petite lampe
une luciole
pour ses nuits blanches...
Un coq éveille un 2 novembre
un coq allume les chrysanthèmes
un coq a chanté par trois fois
un coq je ne demande qu'un coq!

---



IL N'Y A...

Il n'y a pas eu
durant la dernière guerre
dans les pays d'Europe occidentale
occupés
des autochtones
pour tuer de façon systématique
les Juifs
comme ils le firent
comme ils le furent à l'Est
en Pologne et en Ukraine
en Hongrie et en Roumanie notamment
ça crie vengeance au ciel
qui n'existe pas

Il n'y pas eu
durant la dernière guerre
que les Allemands pour avoir
sur les mains
des taches indélébiles

(après avoir vu le film Music Box
de Costa-Gavras)

---


AU NOM DE CES CHERS DISPARUS

Bolechow!
Bolechow!
Bolechow!
j'aurais beau le dire cent fois
l'irrémédiable s'y est produit
des milliers de Juifs
y furent assassinés!

Dans les chaumières
avant les hurlements
d'un dénommé Hitler
on préparait ce plat
de pommes de terre râpées
mélangées
à des oeufs battus en neige
un délice!
dans ce coin non pas
d'Alice au pays des merveilles
mais où l'on vivait
en relative paix
depuis trois siècles

Depuis trois siècles
Bolechow!
Bolechow!
Bolechow!
j'aurais beau le dire cent fois
ça ne changerait rien
l'irréparable
s'y est produit

On y buvait
on y dansait
on y riait
on se mélangeait dans l'extase
entre hommes et femmes
depuis trois cents ans
sans trop de casse...

Et puis les Allemands
se sont amenés
en compagnie d'Ukrainiens
avides de sang sémite
Bolechow!
Bolechow!
Bolechow!
j'aurais beau le dire
et le redire...

Au nom de ce bébé
à sa mère arraché
et projeté
sur le pavé

Au nom de la femme enceinte
tuée avec fureur
par des énergumènes
qui criaient peut-être
coup double!

Au nom des vieillards
battus
puis abattus
parce qu'ils n'avançaient
pas assez vite

Au nom de ces pères
meurtris
amoindris
devant ces moins que rien
qui sous leurs yeux
violaient les épouses
ou les filles
ô ciel miséricordieux!

Au nom donc de ces pères
pris dans une souricière

Au nom de ces quatre
superbes soeurs
Lorka Frydka
Rachel et Bronia
de la famille Jäger
tuées
par des soudards avinés
et sans état d'âme

Au nom de tous ceux-là
je ne mets pas en doute
entendez-moi bien
l'existence d'un Dieu

je la réfute!

La terre a ses jours comptés
comme les êtres qui la peuplent
leur âme au vent s'envole
et se dilue
et leur Dieu né de la Bible
et créé à leur image
n'est heureusement qu'une chimère

Bolechow!
Bolechow!
Bolechow!
j'aurais beau le dire cent fois
l'irréparable s'y est produit
des milliers de Juifs
y furent assassinés

--- --- ---

(Après avoir lu "Les Disparus"
de Daniel Mendelshon)
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#Posté le dimanche 08 janvier 2012 09:04

POEMES POUR ENFANTS SAGES

POEMES POUR ENFANTS SAGES

Poèmes pour enfants sages    

José Chanly     
---

 Écoute mon chou
la poésie d'une cloche
je t'entends chéri
---

Dis papy sais-tu
comment dorment les poissons
la nuit, dans un lit
de rivière? et pour l'amour
enlèvent-ils leurs écailles?
---

Je me suis cru sous
l'arbre mûr à Pearl Harbor
quand tombaient des bombes
d'ac, il n'y en avait qu'une
et ce n'était qu'une prune
---

Pinson
sois pas débile
mélange tes notes, varie
---

Je cherche l'amour
toujours de nuit et de jour
du puits à la tour
de Namur à Singapour
jaune mauve ou cuit au four
---

Tu vas t'offrir une
jaunisse dans ce pré de
boutons d'or, cheval!
---

Le chant énergique
d'une mésange typique
suis donc en Belgique
loin des ennuis exotiques
de ces volcans lunatiques
---

Oyez chère Agathe
les corbeaux de Zagreb ne
croatent croassent
quant aux grenouilles croates
sans cravate elles coassent
---

Papy j'ai vu voler
des champignons! n'est-ce
pas des papillons? si
---

Si j'avais des plumes
recouvrant mes clavicules
j'irais sur la lune
cueillir quelques renoncules
que j'offrirais à ma brune
---

Je me garderais
de tous ces chasseurs de plumes
qui canarderaient
et mes frêles clavicules
et mes fraîches renoncules
---

Il pleut des grenouilles
alors que le long des saules
l'eau du ru coasse
---

Sur ce chemin du
mois de novembre sont nus
les arbres feuillus
ils ont perdu leurs tutus
et leurs beaux chapeaux pointus
---

Sous l'averse il chante
le troglodyte mignon
sans son parapluie
---

Deux poneys au pré
période des amours car
le mâle ennuie l'autre
qui décoche des ruades
tu n'es pas mon camarade
---

Repas
je n'aime pas tante Irma
tais-toi mange ce qu'on te donne
---

Poussées par le vent
quelques feuilles sans colt ni
chapeau de cow-boy
crissent sur le macadam
au grand dam de la madame
---

L'âne que je suis
pardonne volontiers au
baudet que tu es
---

Est-ce que les pommes
de terre, papy, habitent
sur certains pommiers?
et pourquoi n'y a-t-il pas
de poires de terre, dis?
---

Annuellement la Sambre
recense un certain mercredi
des sandres
---

En cette journée
chaude, que les ailes blanches
des anges nous servent
je le demande au Seigneur
de jolis ventilateurs
---

Papy le pic
picole dans la prairie
picore ma chérie
---

Musique de Bach
ouïe de Moenchengladbach
à cinq heur' du mat'
quelques ours peut-être squattent
le long du Saint-Laurent, bath!
---

Ermeton-sur-Biert
le plus d'alcooliques
au km2
---

Dans la sapinière
deux pics épeiches s'en prennent
encore et encore
à de vieux troncs vermoulus
qu'avec ardeur ils explorent
---

Chat en chasse
parmi les feuilles jaunes
qu'espère-t-il? un canari
---

Il se dit fort en
dictée malgré toutes ses
fautes d'orthographe
---

Du château fort sort
un ogre pansu, terreur
des gens bien en chair
tel ce chanoine en fût dans
sa chaire de vérité
---

Une souris enserrée
dans les crocs du matou
voyage à l'oeil
---

Au-dessus d'un champ
la buse fait l'ange pour
attraper la bête
---

L'escargot ayant
ma foi perdu la raison
escalade sans
corde ni les mousquetons
le haut mur de ma maison
---

La lune voilée
ce soir va-t-elle se rendre
de nuit au Qatar?
---

Pluie de confettis
sur mon passage à vélo
beaucoup trop d'honneur
de la part d'arbres en fleur
pour un si petit coureur
---

Notre chiot joue
du tambour sur la carpette
en m'apercevant
---

L'oiseau parle clair
c'est de la sapinière
le fameux pivert
qui rêve tête à l'envers
en récitant du Prévert
---

Dans le verger
un geai mécontent de me voir
le fait bien savoir
---

L'escargot muni
d'un parachute escalade
non pas la salade
mais le mur de ma maison
sans corde ni mousquetons
---

Jeune chien assez
perplexe face à ce très
lent gastéropode
il aboie, qu'il accélère
ce transporteur de bicoques!
---

Le vieux chat se tord
de rire? non le cou pour
mastiquer sa viande
---

Quand je chante si!
descendent du paradis
de blancs confettis
tant les anges éblouis
secouent leurs arbres fleuris
---

Dis papy? oui?
quand je serai aussi vieux
que toi tu seras mort?
---

Dans le ciel les longs
cris d'une buse variable
dessinant des cercles
calculez leur diamètre
à partir de ces données
---

Malgré ses airs d'archange
ce roitelet sur la branche
d'un sapin mange
---

Je suis vraiment bien
en compagnie d'un bon vin
qui du Rhin nous vient
et de mon ange gardien
qui grisé chante un refrain
---

Ce soir je vais
en compagnie de mon ombre
du même pas pressé
---

Des bruits de marteau
dans la sapinière, c'est
le pic épeichette
---

Le corbeau croasse
une grenouille coasse
cet homme trépasse
car il est pris dans la nasse
quelque part à Montparnasse
---

Le niveau du lait dans
l'écuelle a baissé car
un chat se pourlèche
---

Un garçon court sur
le chemin poursuivi par
personne, c'est mieux
---

Temps à demeurer
chez soi, j'observe les arbres
frémir sous le vent
doucement descend le soir
lors il se met à pleuvoir
---

Nous sommes le 9
du 9e mois 99
quoi de 9?
---

Dans la neige un chat
blanc recherche une souris
noire qui rit jaune
---

Le six du sixième
mois deux mille six, combien
de saucisses? six
six? vous voulez rire? non
j'aime ce chiffre pair, six
---

Mon prof de musique
le frère Clément est mort
une fausse note
---

La voix singulière
de notre fameux pic-vert
qui tête à l'envers
clame dans la sapinière
qu'il en veut à Lucifer
---

Le vieil arbre rabougri
faisant de sa vieillesse fi
fleurit
---

Midi
le troglodyte mignon
me souhaite bon appétit
---

Quelle affaire! dit
une tourterelle turque
on nous interdit
l'entrée dans l'Europe alors
que je n'ai ni khôl ni voile
---

Circonspect le chat
face au lait gelé, est-ce à
boire ou à manger?
---

Le cygne et tous ces
canards enfants de la brume
dans l'eau ne s'enrhument
---

Neige, le chat noir
plus noir dans ce blanc n'attrape
aucune souris
voit rouge et rit jaune, en voit
donc de toutes les couleurs
---

Des toits blancs de givre
une cheminée qui fume
la pipe, l'hiver
---

Sous la bise j'ôte
quelques feuilles de houx pour faire
la bise à Noël
---

La fumée survole
le toit blanc de mon voisin
longue écharpe grise
à s'offrir au nouvel an
pour se protéger du froid
---

José Chanly
---
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#Posté le samedi 07 janvier 2012 13:55

CENT TANKAS RIEN QUE POUR TOI

 
 
    CENT TANKAS RIEN QUE POUR TOI

   
Un petit coucou
à Rops et à son ami
Rassenfosse ô femmes!
par ces artistes wallons
divinement dévêtues

 

Quand je bois un verre
de bière immanquablement
des guêpes rappliquent
en verve mais énervé
je les traite d'alcooliques
 


Novembre novembre
ces trois syllabes étranges
ensemble me hantent
le vent très tendre me tente
comme une almée sous sa tente

 

Je choisis la mise
d'une Élise sans chemise
pour qu'elle se grise
loin des prières d'église
de caresses non admises

 

Tu me fais, vieux chat
pitié avec ton arthrose
et ta surdité
mon état dans peu de temps
chut! je miaule déjà

 

- Dites-le mon chou
comment vous portez-vous loin
de moi donc de tout?
délivrez-vous du chagrin
- va donc vivre à Tombouctou!

 

Les pies en tenue
de religieuses implorent
leur dieu bicolore
alors que le choucas noir
prie le sien couleur charbon

 

Savez-vous que nos
chers aïeuls ont sans raison
quitté leur maison
qu'ils louent au cimetière
une chambre sans lumière?

 

L'escargot dans une
descente accélère sous
l'averse, en dernière
minute un gastéropode
vient de rater son tournant

 

Tête de linotte
t'as encore ma cocotte
perdu ta culotte
quand je cuisine la hotte
l'aspire dit-elle, sotte

 

Sous la demi-lune
les chauves-souris dont c'est
la fête se soûlent
ne retrouvant plus trop cool
l'étroite entrée de leur turne
 


Une voix crie vieux
fer vieux cuivre vieux José
croit ouïr ma tendre
moitié qui court me placer
entre du zinc et du plomb

 

Viole, joie d'icelle
caressée par l'archet, tel
l'homme avec sa belle
aux hanches de violoncelle
tes doigts m'enchantent, dit-elle

 

J'aime héberger dans
un tanka mes deux choucas
les jours de chaleur
ils y trouvent un peu d'ombre
et quelques vers à manger

 

Ah ces jolis seins
qui tremblotent au-dessus
de son soutien-gorge
j'aimerais prier saint Georges
qu'il les fasse rendre gorge
 


J'ai soixante et onze
printemps à vous offrir chère
madame lui dis-je
que de fleurs en perspective!
fanées répond-elle, vive
 


Mon GSM reste
muet comme d'habitude
d'amis n'en ai point
ayant préféré le calme
et la douce solitude

 

Achat de bougies
près de l'église Saint-Jean
des Namurois prient
d'autres dînent aux chandelles
avant de brûler au lit

 

Qu'un vent soit colère
le pommier fleuri libère
quelques blancs pétales
on se croirait en hiver
quand les flocons vont au bal

 

J'avais dix-neuf ans
et toutes mes blanches dents
pour sourire à celle
qui me plairait, une belle
aux fruits mûrs et succulents

 

Sophie me sourit
en dégrafant savamment
son chemisier blanc
tabernacle d'un seul Dieu
en deux personnes, prions

 

Lecteurs permettez-
moi de vous offrir ce beau
bouquet de muguet
virtuel, il vient malgré
son prix modique du coeur

 

Votre beau visage
promet si j'étais moins sage
d'autres paysages
si j'étais moins sage? ôtons
tout de même ce corsage
 


D'un bois le coucou
m'appelle coucou? je lui
réponds coucou d'où?
d'un arbre vieux fou! ni du
Poitou ni de Tombouctou
 


L'eau fraîche dessine
de beaux seins sur sa chemise
qu'elle sait complice
ne l'entends-je rire d'aise
en me voyant mal à l'aise?
 


Beauté de ces toits
sous l'averse, beaucoup moins
troublants selon moi
que ces femmes en feu sous
la douche qui supplient, touche!

 

Vous rimez Élise
avec notre sainte Église
bien que votre mise
robe envolée et chemise
ouverte prêche la prise

 

Un grand vent monsieur
à décorner et les boeufs
et vous-même car
votre épouse est trop jolie
pour n'appartenir qu'à vous

 

Ce matin d'hiver
quand j'entrouvre la fenêtre
le chant du pinson
m'arrive aussi frénétique
qu'un discours d'Adolf Hitler

 

Arrête ton char
lune car tu risques d'être
une grosse prune
en te promenant si tard
au-dessus de ce verger

 

Le long des sapins
sous le vent d'ouest j'écoute
un air wagnérien
et si c'était Sibelius
ou les pins de Respighi?

 

Au loin la maison
blanche de Vital Bayer
né le premier mars
dix-neuf cent trente-six, il
élevait quelques moutons

 

V'là 2007
de nouveaux repères pour
quel itinéraire?
ne vaut-il pas mieux compère
être un peu sourd et se taire?

 

Elle passe avec
un parapluie et la laisse
de son chien qui freine
a-t-il flairé une crotte
ou se plaint-il de la trotte?

 

J'aime Râ Isis
et Osiris sans omettre
d'accueillantes cuisses
six, chiffre porte-bonheur
et non Seth agent du Mal
 


Qu'elle était Lulu
jolie avec son tutu
pour moi surperflu
pourquoi me dit-elle tu
me préfères le cul nu?
 


Vois-tu ces fleurs jaunes
dans le sous-bois? des ficaires
cousues sur les vestes
d'enfants juifs envoyés dans
les camps avec leurs mamans

 

Parterre, y coassent
pardon y croissent crocus
et quelques narcisses
sur le toit joyeusement
deux ou trois choucas croassent

 

Le cormoran noir
plonge en apnée longuement
comme dans la baie
d'Along, puis tel un bouchon
jaillit plus lourd qu'à l'aller

 

Le chant quelque peu
sonore de la mésange
charbonnière en hausse
depuis la flambée des prix
du mazout en premier lieu

 

Alors que je suis
en train de lire un poème
de Charles Péguy
la coccinelle atterrit
sur l'un des alexandrins

 
 
La pluie tambourine
à la fenêtre pendant
qu'une fumée grise
s'enfuit de la cheminée
ce temps, bien au chaud, m'agrée

 

La cloche du soir
me mélancolise comme
ta voix mon amour
ce n'est pas flatteur me dit-
elle tristement songeuse

 

Que les deux aiguilles
de suite accélèrent quand
un malheur survient
qu'elles ralentissent leur
cours si le bonheur accourt
 


La vieillesse en cause
on chope certaines choses
quelque peu moroses
signale ma tante Rose
plus d'épines que de roses
 


Malgré le vent du
nord chanté par Brel j'entends
le cri d'un faisan
rauque est sa voix, vallonnée
la Wallonie et boisée
 


Amour étrange entre
ces jeunes choucas tout noirs
et ce vieux Chanly
tout blanc murmurerez-vous
heureux de clore un tanka
 


Alors que j'arrose
la salade nos choucas
se posent sur moi
paradis tel que les prêtres
nous l'avaient jadis promis

 

Samedi de Pâques
y aurait-il quelques oeufs
déposés pour moi
quelque part dans le bocage
dis? tu veux rire? à ton âge!
 


Photos en noir et
blanc pour ces pauvres poissons
hameçonnés, hors
de l'eau tirés puis occis
par les pêcheurs de l'étang

 

Je lis maintenant
"Les vieux" de Daudet avec
un certain vécu
cinq à dix ans suffiront
pour de lecteur être acteur

... mais je roule en Suzuki
en attendant
et je dis merde au Temps

 

Duvel? une bière
belge ni brune ni rousse
blonde à 8°
à ne pas trop embrasser
avant de prendre la route

 

Le Grand-Duc du Bois
d'ailleurs et de par ici
regarde Chanly
un petit duc de province
avec une morgue urbaine
 


Oyez braves gens
la vie d'Ode de Brabant
fille de l'Église
qui pour éviter l'époux
se coupa du nez le bout
 


La vieille hulotte
traite sa jolie voisine
du bas de salope
où as-tu encor traîné
sans ta petite culotte?
 


Les arbres s'habillent
alors que les jeunes filles
au corps piriforme
n'écoutant que leur désir
et le nôtre se dévêtent

 

Au bord de l'étang
Dominus vobiscum dis-je
et cum spiritu
tuo fait la truite instruite
ferrant cet ancien servant
 


Quand je vois le corps
nu de Pauline Lafont
Dieu de Clotilde! et
ce qui lui est advenu
Clovis je ne te suis plus
 


Près d'un bois je fais
pipi au grand dam de dame
pivert en émoi
on la comprend, avoir si
peu quand elle voit si grand
 


Le tout premier chant
d'un coucou vraiment m'enchante
le second confirme
sa présence dans le bois
les deux notes faisant foi

 

J'observe le ciel
mais n'y vois nulle hirondelle
aucun martinet
seuls anges auxquels je crois
n'en déplaise à Gabriel

 

Généreux ses seins
tremblotent durant le match
de tennis, censure
d'un mot trop leste arrimé
ne retenons que l'émoi
 


Les premiers feuillus
sortis de l'hiver n'ont plus
de Bernard Buffet
cet aspect funéraire, un
pinson chante le printemps

 

Namur sous l'averse
des gens que la pluie agresse
vont courent se pressent
suis mouillé comme un canard
cliché à mettre au placard
 


Merles et pinsons
rivalisent d'ardeur pour
célébrer ce 5
juin 2007 qui s'en
ira comme tous les autres

 

Après le sein viennent
l'école les rudiments
du travail la guerre
tous ces soins jusqu'à vingt ans
une bombe les enterre
 


Ermeton-sur-Biert
se love dans la vallée
pour y recevoir
une dolente rivière
à truites, la Molignée
 


Les fleurs du sureau
de l'églantier me font fête
bon anniversaire
vieux chnoque, que Dieu dans sa
bonté te fasse durer
 


Même processus
d'incubation dans le lit
au réveil il est
là mon tanka avec ses
cinq vers de cinq et sept pieds
 


Je bois une bière
brune en songeant à ma brune
qui vaut, bien en chair
une prune juteuse à
souhait, je bois une brune
 


Dix-neuvième jour
de juillet, les cafés ne
désemplissent pas
trente-six degrés l'après-
midi, choucas becs ouverts
 


Chaleur, en chemise
ces quelques bières admises
dit-elle me grisent
et votre main qui devise
regret quand je la remise
 


Oyez bonnes gens
les corbeaux de Zagreb ne
croatent croassent
quant aux grenouilles croates
sans cravate elles coassent
 


Devisaient des morts
comme si de rien n'était
l'élégant Meurisse
Vanel Larquey Signoret
diaboliques acteurs

 

Au marché marchons
à l'écoute des gens bons
gras comme cochons
ça ne cite que moutons
boudins pieds de porc rognons

 

Me vois avec Van
Gogh à Saint-Rémy histoire
de lui commander
un petit bouquet d'iris
pour égayer mes vieux jours

 

Pendue à mon cou
la jeune épeichette telle
une pince à linge
ne suis pas une chemise
dis-je ni cette chaussette!
 


La prune commune
à mes pieds tombe importune
n'était-ce une brune!
une mûre et chaude brune
emmurant mon infortune
 


Namur sous l'averse
des gens que la pluie agresse
vont courent se pressent
à Namur? me dites-vous
n'êtes-vous pas un peu soûl?
 


Sainte d'Antioche
je t'en prie, ne sois pas moche
prie pour ma caboche
des péchés plein la sacoche
me feraient manquer le coche
 


Question d'ici-bas
vais-je jusqu'à mon trépas
pondre des tankas?
m'offrir de petits cacas
pour mériter l'au-delà?
 


Près de cette hotte
se pose une gélinotte
quelque peu boulotte
il faudrait que tu boulottes
modérément ma cocotte
 


Pourquoi les minets
aiment-ils tant les souris
demande à sa mère
un souriceau si soucieux
depuis qu'il se sait dodu
 


Par monts et par vaux
je sillonne ma région
m'arrivent des chants
d'alouettes ou le long
cri de la buse variable
 


Sur la table, oblong
ce caillou blanc du Ventoux
nous rappelle en cet
hiver qui m'entend tousser
les cigales provençales
 


La lune est encore
empêtrée dans le branchage
de notre prunier
vais donc la décrocher en
espérant un doux baiser
 


Avez-vous appris
que les poissons de la Meuse
ne sont syndiqués
les socialistes n'ayant
pas pu les faire signer
 


De ma chère épouse
jamais le GSM ne
chôme tandis que
le mien durant le jour dort
nul ami pour l'éveiller
 


Ce vent fort m'enchante
tellement que j'en invente
jusqu'à l'épouvante
des ânes et de volantes
gens comme chez Chagall chantent
 


Un distrait sortit
de la synagogue avec
la kippa, le ciel
étant d'un beau bleu mystique
l'étoile viendrait plus tard

(Carpentras, 7 juillet 2004)
 


Cher Gustav Mahler
malgré votre apport vos oeuvres
jouées à Biarritz
et ailleurs vous auriez pu
plus âgé connaître Auschwitz

 

Un jeune homme noir
dans de blanches baskets passe
à onze heures sur
ce long trottoir de Times Square
le 5 janvier de l'an huit
 


Le vieux chat à quoi
pense-t-il dans sa cahute
en bois? à tous ces
matous en rut qui le firent
souvent de plaisir mourir?

 

Gauche droite gauche
criait le sergent lors de
nos drills imbéciles
nous étions des automates
ah lancez-moi des tomates
 


Joie du violoncelle
caressé par l'archet, main
d'homme sur sa belle
aux hanches de violoncelle
ciel que tes doigts font du bien
 


Quelques canards vont
sur l'eau comme Jésus au
lac de Tibériade
ils marchent sur la surface
gelée d'un bras de la Sambre
 


Ce soir de janvier
la lune inquiète n'a pas
mis sa mini-jupe
il y a beaucoup trop d'hommes
en rut qui? qui la reluquent
 


Les vers se la coulent
douce car ces merles sur
la terre gelée
ne sont pas inspirés, plus
d'alexandrins ni de rimes
 


Mon crâne serait-
il une soupière dans
laquelle des choses
se seraient mélangées de
manière miraculeuse?

 

Un merle en tenue
de curé recherche Dieu
sous le noisetier
et subséquemment des vers
pour composer ce poème

 

Deux femmes ensemble
composent un joli nombre
le 88
à condition d'être belles
et ma foi de même taille

 

L'ange se détourne
mais le diable me regarde
avec sympathie
un pécheur intéressant
murmure-t-il avisé
 


L'ouette d'Égypte
se pose ça va de soi
sur l'une de nos
pyramides, un terril
sis route de Charleroi
 


Qu'est-il devenu
hier nu ce corps dodu
aux si beaux genoux?
de quelle métamorphose
fut-il la chose? je n'ose

 

Graux ceint de murs tel
un village au Moyen Âge
sans mâchicoulis
me dit jouant au lettré
ce vieux pédant de Chanly
 


Nihil rime avec
Nil mais les Égyptiens ne
sont pas d'accord, Nil
un don du ciel chantent-ils
doit rimer avec fenil
 


Cette sauterelle
m'aide à bondir par-dessus
les siècles, voici
les dix plaies d'Égypte, Isis
épouse et soeur d'Osiris
 


Je suis devant l'île
de Dave, seuls quelques cris
d'oiseaux aquatiques
l'abbé Kobs y rédigeait
ses poèmes catholiques
 


Chat dans les parages
l'oiseau change de ramage
se croit en stuka
de la Luftwaffe en piqué
dans le ciel de Picardie
 


Les coqs de Moustier-
sur-Sambre et ceux d'Érevan
même écho vibrant
c'était un jour lumineux
à deux pas de l'Ararat
 


Ah ces jolis seins
qui tremblotent au-dessus
de son soutien-gorge
j'aimerais prier saint Georges
qu'il les fasse jaillir libres
 


Une mésange à
longue queue bécote les
branches du noyer
je t'aime je t'aime mais
me voyant rompt l'entretien
 


Juif du ghetto de
Varsovie en armes suis
mais moins ce rabbin
tout en prière à Auschwitz
se dévêtant pour le bain
 


Vois cette ingénue
qui se dandine, un ange ou
hanches de démon?
l'interrogation me tue
que ne suis-je Champollion

 

Un merle poursuit
sur le noyer sa merlette
pour faire trempette?
non mon pote répond-il
pour jouer de la trompette

 

Regarde ces fleurs
du marronnier tendrement
dressées me dit-elle
l'image provoque en moi
je ne sais pourquoi l'émoi

 

Le verger somnole
quand soudain le réveille un
cri de Dieu le Père
c'est le pivert qui s'envole
en éteignant les bougies

 

J'entends dans la brume
du rêve un cou cou me dire
bonjour ce matin
remords de faire do do
quand l'oiseau donne le la
 


Ce chat-ci reluque
depuis cet abri, souris
votre beau châssis
si vous passez par ici
vous aurez bien du souci
 


L'homme cherche, n'y
a-t-il rien d'autre après moi?
si, le mercredi
quand tu as la chance d'être
incinéré le mardi
 


Elle se posa
la petite coccinelle
sur quatorze vers
de Joachim du Bellay
ce qu'on appelle un sonnet
 


Viens d'entendre mon
tout premier coucou, coucou
me fait-il coucou
ai-je envie de lui répondre
trop heureux de son retour
 


Poète sénile
tu nous fatigues avec
tes répétitions
à la con, change de disque
ou ferme enfin ta boutique

 

Cette Asiatique
robe noire et formes rondes
n'a rien d'une blonde
ses fesses sont élastiques
et les seins des mappemondes

 

Je ne puis vous voir
jouer trop longtemps, madame
ce maillot mouillé
vous moule si joliment
transparents sont mes péchés

 

Le poème, qu'est-ce?
cette pensée mise en vers
puis en terre à l'ombre
du cyprès pour qu'un lecteur
amoureux la ressuscite

 
 
 

Tous les hommes forts
qui m'ont précédé sont morts
que tenter alors
pour éviter un tel sort
à mon cher et faible corps?
 
---
 
José Chanly

 ---
 
(L'illustration : Le masque, d'Armand Rassenfosse)
 
 

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#Posté le samedi 07 janvier 2012 07:03

CENT HAÏKUS RIEN QUE POUR VOUS

CENT HAÏKUS RIEN QUE POUR VOUS

CENT HAÏKUS RIEN QUE POUR VOUS
---

Elle s'évase en
s'assoyant la folie femme
à l'accent flamand
---

Un merle feuillette
le verger à la recherche
de beaux vers, lis-moi
---

La mouche percute
mon large front, étourdie
par tant de savoir
---

Homme et chimpanzé
sont très proches l'un de l'autre
mauvais pour le singe
---

Qu'elle était Lullu
jolie avec son tutu
pour moi superflu
---


Ce soir ma première
chauve-souris aussi saoule
que l'année dernière
---

Le haïku a l'âme
d'un Chardin puisqu'il ne traite
que de petits riens
---

Sous l'arbre des pies
impies si! pillent nos noix
qu'elles soient punies
---

Le papillon blanc
sur une fleur jaune dans
un pré vert, poème
---

Beauté
yeux écarquillés
il récite le bénédicité
---

La pie prie
son dieu bicolore
le corbeau son roi nègre
---

Foot avec l'équipe
de France sponsorisée
par Black et Decker
---

Femme au corps
délicieusement fendu
seule source d'absolu
---

Le merle ne cesse
pas d'avaler des vers, qu'est-ce?
une anthologie
---

Annuellement la Sambre
recense un certain mercredi
des sandres
---

Infarctus
à bien prononcer
même si c'est une sale bête
---

Quelle chaleur!
t'es cuit tel un lapin
trois prunes et l'on te mange
---

Ah! rat qui rit jaune
en traversant la route
éclairé par des phares
---

Chaleur, sur le seuil
de ma demeure repose
une coccinelle
---

Le chêne perd ses
glands moi de temps en temps une
dent, copains clopant
---

Vieux chat à mes yeux
plus cher car tu préfigures
notre condition
---

Qu'elle soit la femme
fêlée à un endroit non
approprié, sûr
---

Écoute mon chou
la poésie d'une cloche
je t'entends, chéri
---

Un verre d'alcool
à mes choucas pour leur ôter
leurs idées noires
---

Écureuil roux ou rat
applaudissements nourris
souris ici
---

Qui l'eût cru
qu'il aurait crû si vite
ce Lustucru, l'eusses-tu cru?
---

Sur la Sambre un lourd
chaland si lent face au vol
de trois cormorans
---

L'athlète blessé
c'est vraiment dur pour lui dit-
il, tant mieux dit-elle
---

Il joue à saute-
mouton avec notre pont
bossu, le ru
---

Certains soirs
s'envolent de sa couche
d'oblongs et capiteux péchés
---

Far West, une buse
lance son lasso pour
s'en prendre aux mulots
---

De la cheminée
une fumée grise sort
tel un  phylactère
---

Le long de la route
elle exhibe ses nichons
la môme rieuse
---

Quel long générique
tous, balayeurs y compris
donnent la réplique
---

Bout de lune, hostie
des jours d'affluence quand
on la partageait
---

Un étang gelé
sous le ciel bleu, cri
du héron déboussolé
---

Dans la neige un chat
noir recherche une souris
blanche qui rit jaune
---

Le voisin promène
son mâtin tôt ce matin
quand l'aube se lève
---

Ils passent devant
la fenêtre, ces flocons
blancs un rien flemmards
---

L'eau de l'étang bout
durant la violente averse
truite et carpe cuites
---

Lequel est en laisse
de la maîtresse qui peine
à suivre ou du chien?
---

Mon voeu le plus cher
mourir les dents blanches pour
ne pas rire jaune
---

Nous partirons seuls
sans masque ni canopes
un p'tit tour puis hop
---

La bûche se consume
comme feu Jeanne d'Arc
parfois, une plainte
---

Un jour tu seras
pour l'enfant l'épouvantail
qu'il faut embrasser
---

Dans ce champ de mars
où grisolle l'alouette
flambe un forsythia
---

Cette Asiatique
robe noire et fesses rondes
n'a rien d'une blonde
---

Vierge de Czestochowa
noircie par toutes ces fumées
d'Auschwitz
---

Tu vas t'offrir une
jaunisse dans ce pré de
boutons d'or, cheval
---

Mon bonheur du jour
ce troglodyte mignon
qui chante à tue-tête
---

Il martèle avec
fureur, ce pic qui n'a même
pas trouvé un clou
---

Vous faites des photos?
non je vends des frites
répondis-je à la dame
---

Une femme passe
tel un bateau qui roule, être
son beau matelot
---

Qu'une feuille jaune
un jour puisse regagner
l'arbre et s'y tenir
---

Comme mon grand-père
marcher dans le pré chaussé
de sabots, le pied
---

Papillon blanc contre
pare-brise, tache
seule trace d'un passage
---

Sur la Sambre un chaland
pas si lent que ça
dit la mouette
---

Chute de pétales
blancs temps qui fout le camp tic
tac quelle tactique
---

Le fanfaron dit
j'en ai fait hululer sous
la lune plus d'une
---

Une souris enserrée
par les crocs du matou
voyage à l'oeil
---

Les sapins du lac
offrent aux hérons
le gîte sans le couvert
---

Entends-tu le chant
sonore du troglodyte
mignon? quel stentor
---

Un merle pour son bec
jaune aime le soleil
la pluie pour ses vers
---

De l'églantier en
fleur un oiseau s'enfuit plus
odoriférant
---

Entre les cailloux
du chemin poinçonnés par l'ondée
je slalome
---

Les martinets fauchent
avec entrain dessinant
d'odorants andains
---

Soleil sur un tronc
la cigale lentement
grimpe le Ventoux
---

La lune se fait petite
mais accueillante la Meuse
tôt l'invite
---

N'ose me montrer
fondent sur moi les choucas
stukas endeuillés
---

Dans mon potager
ces radis oubliés ont
de chagrin grossi
---

T'entends le chant des
sauterelles papy? non?
sourd dingue mon vieux
---

Des bruits de baisers
c'est la grande Hortense en transe
sous un tisonnier
---

Dans notre chambre
aux rideaux entrouverts
une lune égarée luit
---

Plus vous vieillissez
plus vous vous baissez avec réticence
ci-gît
---

La chauve-souris
après avoir beaucoup bu
fait sa ronde, soûle
---

Des ronciers en fleur
camouflent révisionnistes
le ballast d'Auschwitz
---

Avec l'âge
on se replie un peu sur soi
tel un papillon
---

Bonjour jolie dame
qu'il est dans vos yeux bleus, doux
ce mois qu'on dit d'août
---

Beauté du mur qui
croule sous les capucines
besoin d'un maçon
---

L'oiseau rase les eaux
y apposant son paraphe
cris d'une foulque
---

Un chaud après-midi
d'août Laura promène
la langue de son chien
---

Deux papillons blancs
amoureux sous la tondeuse
quelques confettis
---

L'étalon qui te
rendait folle est devenu
ce vieux canasson
---

Le bouleau reçoit
chaque matin le pic qui
frappe avant d'entrer
---

Silence automnal
des bûches s'écroulent, saut
de carpe du chat
---

Vent, les feuilles dans
la cour de récré s'amusent
comme des moineaux
---

Le bouleau parti
plus de pic épeiche pour
l'ausculter souvent
---

Notre chat est sourd
comme un pot, trop de musique
durant sa jeunesse
---

Pluie, la corneille en
reconnaissance pour ne
pas perdre patience
---

Une buse sur
le fil me tourne le dos
femme insatisfaite
---

Chez la jeune fille
qui passe tout se met bien
en place, la classe
---

Le cormoran vole
en frôlant l'eau de la Sambre
au grand dam des sandres
---

A petits pas sur
un sol gelé le facteur
va de boîte en boîte
---

Prunier
finement givré
deux tourterelles s'y jurent fidélité
---

Un homme de Trente
fête ses trente et un ans
sur son trente et un
---

Pas une âme
en ce jour froid d'hiver
Namur a mis son pull over
---

Un couple âgé
sort de table avec difficulté
prélude à l'immobilité
---

La fumée du toit
se perd dans la brume comme
je me perds en toi
---

A part le visage
de la femme aimée
rien n'égale un paysage
---

La fauvette à tête
noire mais aux idées claires
dit son bonheur d'être
---

Le vieil arbre rabougri
faisant de la vieillesse fi
fleurit
---

Vont sur le pavé
le long du chemin les pas
vains d'un sursitaire
---

Moi qui fus si fort
si rapide et si beau si!
spolié par le temps
---
 
José Chanly
---
 
(L'illustration : tableau d'Armand Rassenfosse)
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#Posté le samedi 07 janvier 2012 04:05

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  • CENT HAÏKUS RIEN QUE POUR VOUS sam. 07 janvier 2012
  • DEUIL D'ECUREUIL sam. 07 janvier 2012
  • MES QUATRE SAISONS ven. 06 janvier 2012
  • SEULS ENSEMBLE ven. 06 janvier 2012
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